Evangel Dranya, Informatrice

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Message par Evangel le Jeu 27 Fév - 13:05

Evangel Dranya, Informatrice Eva13

Nom: Evangel Dranya

Race: Hybride (mi-humaine/mi-succube)

Classe: Roublard

Métier: Informatrice

Année de naissance: 158

Originaire de: Cités Libres (cité d’Elispar)

Résumé:
Evangel est née d’un incube et d’une humaine. Ignorant tout de la relation de ses parents, elle sait cependant que sa mère vouait une haine féroce à celui qui fut son père, qu’elle n’a jamais connu. Cette rancœur fut renvoyée sur elle, et la mère d’Evangel alla jusqu’à mutiler son propre enfant pour dissimuler du mieux qu’elle pu la nature hybride de sa fille.

Enfant pauvre de la Ville-Basse d’Elispar, Evangel réussi cependant à décrocher une bourse d’étude, se distinguant parmi les meilleurs élèves de l’enseignement primaire. Elle se lia d’amitié avec des camarades, dont Gabriel, qui partagea la majorité de sa vie dans la cité. Grandissant et étudiant ensemble, les deux jeunes gens se rendirent compte de la nature démoniaque d’Evangel lorsque celle-ci échangea un baiser avec Lotr, un étudiant de la bibliothèque.

Plus tard, le meurtre d’un marin eu lieu, visiblement ensorcelé par une succube. Le conseil d’Elispar mena l’enquête, et après interrogation, Lotr finit par accuser la jeune fille, qui prit la fuite dans un bâteau marchand. Elle finit par gagner Hilas.

Là-bas, elle joua de sa mémoire et se mit au service de Dame Joséphine, avant de quitter celle-ci pour vendre elle-même ses services d’informatrice, espérant au fond acquérir une renommée dans le milieu de l’espionnage.

Ça grouille, ça murmure. Hilas. La cité où tout le monde doit peser ses mots. Les grands bavards sont repérés d’office, et il est certain qu’ils seront systématiquement entendus par au moins une cinquantaine d’oreilles indiscrètes. Hilas. Prometteuse pour quiconque veut faire carrière dans les « métiers de l’ombre ». Les ruelles sont constellées d’hommes, de femmes et d’enfants immobiles, assis sur un banc ou à même le sol, désireux de ne pas perdre une miette des conversations des passants. Dans les tavernes, les yeux se baladent, méfiants, observateurs. Les mots se perdent en chuchotements. Des couteaux et des poignards se tiennent prêts à sortir de leurs fourreaux. La concurrence est rude pour ceux qui se disent assassins, voleurs, espions et informateurs. Oh oui, croyez-moi, ça n’est pas chose facile, cette cité. Mais qu’est-ce qu’on s’amuse. Prenez ces deux là, assis à leurs tables, discutant si bas qu’ils s’entendent à peine. Qui sait ce qu’ils peuvent se dire ? Regardez-les bien.
Il avait pris une chope de bière, elle avait pris un alcool à base de plantes. Il avait une tête de salaud, bien balafré, les traits tirés par la fatigue. Ses yeux noirs injectés de sang révélaient des nuits de sommeil manquantes et une paranoïa surélevée. Il aurait été plus beau sans son rictus de cruauté dans le coin de la bouche. Il se contenait, jubilait d’avance à l’idée d’arnaquer cette nana. Oh, oui, Escobar la connaissait, ils avaient fait affaires par le passé, mais c’est une autre histoire, non ? Qu’est-ce que ça peut bien foutre, qu’ils aient pris la mer ensemble ? Les temps changent, les affaires sont les affaires, et puis, il faut bien faire sa place dans ce trou. Parfaitement : il comptait bien la rouler dans la farine, et en beauté, s’il vous plait ! Mais pour l’instant, patience, parler du bon vieux temps, comme si de rien n’était.

Ça puait l’embrouille, Evangel le savait. Elle avait accepter le godet et le rendez-vous peut-être par naïveté, par nostalgie. L’équipage lui manquait un peu. Que voulez-vous ? À terre, on fait plus d’affaire quand on est informatrice. De tous les pirates qu’elle connaissait, Escobar était pour elle le plus imbuvable. Sa mesquinerie, ses petites provocations ne manquaient jamais d’irriter. Et bizarrement, là, il faisait des efforts surhumains pour être correct. Elle savait très bien comme il la voyait : comme une bête de foire qui se cache du public. N’empêche qu’elle avait empêché bon nombre d’emmerdes à l’équipage, il était forcé de l’admettre. Elle a une étrange beauté, Evangel, qu’Escobar craignait et repoussait toujours, faussement dégoûté. Les pupilles grises et claires de la jeune femme contrastaient avec ses cheveux noirs. Elle arborait un sourire malicieux, ou alors un visage blasé, le plus souvent. Un je-ne-sais-quoi faisaient presque oublier ses cernes et les deux bosses sur son front, qu’elle tentait toujours de cacher avec ses cheveux. Escobar n’aimait pas les hybrides, être issu de plusieurs races, c’était la garantie d’être une personne à qui on ne pouvait pas se fier pour lui. Et puis, il n’arrivait jamais à savoir de quoi elle était issue, cette gonzesse : humain ? Démon ? Orc ? Il n’aimait pas ne pas savoir.



« Bon, ma petite Eva, comment vont les affaires ?
— Depuis quand tu t’intéresses à mes affaires, toi ?
— Mais depuis toujours ! Pour qui me prend-tu ? Dit-il en baissant les yeux vers la poitrine de sa camarade.
— Ça va.
— Ça va, ça va quoi ? Raconte-moi un peu, t’as pas un petit truc à me raconter ? Un petit monsieur à piller ?
— Comme si j’allais te donner des infos sans que tu ai payé, Escobar. Ricana-t-elle. »


Ça commence à devenir énervant, cette garce ne va pas cracher le morceau, hein ?

« Écoute, Eva. On se connait bien, toi et moi, non ? Tu donneras bien les infos à ton ancien second d’équipage ? Comme, par exemple, où se trouvent les connards de mutinés qui ont abandonné mon navire ? Il bouillonnait d’impatience. Maintenant c’était Evangel qui jubilait en le voyant se tortiller sur son tabouret. Elle plongea ses yeux dans ceux craintifs et enragés du pirate. Ses grands cils le faisaient tressaillir.
— Bien sur, Escobar, que je vais te les donner… Contre 200 ou 300 pièces.
— Saleté, cracha-t-il en sortant son flingue devant le reste de l’assemblée. Je m’en vais te faire un trou dans le ciboulot, sale bête. »


Aveuglé d’effroi, il s’efforçait de tout cacher dans une colère permanente. Tout le paralysait, hormis la rage. Et il luttait contre les regards des autres clients, contre les murmures qu’il entendait. C’était dans ces moments là qu’il était le plus imprévisible et le plus fragile.

Une lame se posa alors calmement sur la gorge d’Escobar, et une partie de la taverne posa sa main sur l’arme la plus proche qu’il trouvait, fixant la scène.

Un tavernier menaçait Escobar de l’égorger pendant qu’Evangel restait assise à sa table. Il fallait la jouer détendue, bluffer, mais il ne faut pas se leurrer : elle ne faisait pas la fière. Elle pris sa voix la plus assurée :

« Je suis persuadée que tu as débarqué à Hilas en toute hâte pour que je te file les informations que tu souhaitais, sans même prendre le temps de t’assurer une sécurité, au cas ou je refuserai de t’obéir. Moi, j’ai payé pour te tuer si tu faisais un mouvement de trop. J’savais bien que t’avais pas changé d’un poil, Escobar, toujours la même ordure sans cervelle. 
— Et toi… Et toi, toujours la même saloperie de bête immonde. Allé, siffla-t-il, tremblant, relâche moi, que je prenne le temps de te planter quand personne ne regar-… »
Il n’eut pas fini sa phrase que celle-ci se noya dans le sang sortant de sa gorge, que le tavernier avait tranché. Evangel ferma les yeux, et n’entendit qu’Escobar déglutir et tomber à terre, agonisant. « Désolée, mon vieux. Précepte de parole, murmura-t-elle. » Elle se leva, masquant le rictus de dégout sur son visage, et sortit. Les discussions reprirent aussitôt leur cours normales dans la taverne.
(À suivre)


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Message par Evangel le Lun 2 Mar - 19:13

L’eau était tranquille, elle présageait un doux et bon voyage. Eva’ voyait s’accélérer les marins pour monter sur le gréement et s’occuper de la voilure. Elle était bien contente de ne plus avoir à faire ça. Elle regardait la mer. Les eaux de l’archipel la rendaient toujours un peu triste. Elle se souvenait des temps heureux de l’enfance, où elle voyait depuis la côte d’Elispar les cité d’Hilas, et de Lancel, curieuse, amusée. Un trépignement enfantin lui avait toujours donné envie d’aller voir ces endroits qu’elle ne pouvait atteindre avec ses seules petites jambes.
Les souvenirs se faisaient plus amers quand l’adolescence survenait et qu’elle se rappelait du petit voilier qui l’emmenait loin d’Elispar, loin de sa mère, loin des restes de son corps de petite fille. C’était une eau noire qui, recouverte par le ciel nocturne et nuageux, l’avait emmené alors sur la cité d’Hilas. La mer était spéciale. Elle avait toujours bercé les grands changements, les grandes décisions de sa vie. La mer. Pourquoi s’y sentait-elle si étrange, sur la mer ?



Il tapotait ses gros doigts sur la table de la taverne. Mais qu’est-ce qu’il pouvait bien foutre ? Une heure qu’il attendait ! Tarful commençait à se demander si il avait bien placé son argent en engageant ce minable. Les bagues de ses mains claquaient sur la table. Sous sa cape, on devinait tout du riche marchand, mais certainement personnes n’aurait osé tenter de le dérober. Tarful était un semi-orc. Sa réputation avait fait se ternir peu à peu le regard mauvais que portaient sur lui les sang-purs. À Hilas, mêmes les moins informés connaissaient sa réputation : un gros commerçant, du moins, un gros commerçant à l’intérieur de la petite marre dans laquelle il jouait les gros poissons. Entre le malfrat et le petit chef de pègre, Tarful aimait aussi massacrer d’un coup de hachette ceux qui ne répondaient pas présent à ses ordres. Et d’ailleurs le petit espion qu’il attendait à la taverne devait surement le savoir.

Evangel Dranya, Informatrice Orc_co10


Celui-ci arriva enfin, maigre et tremblotant, exactement comme lorsque Tarful l’avait engagé. C’était un humain maigrelet, l’air incompétent et l’oeil sournois. Tarful se fichait bien de son nom, il voulait des infos’.

« — Tu es en retard, gronda-t-il, j’espère que tu ne m’as pas fait attendre pour rien.
— P-pardon, monsieur. N-non, vous ne serez pas déçu, dit-il en manquant de tomber du tabouret sur lequel il venait de s’asseoir.
— … Eh bien ? Parle ! L’oeil bleu et froid du semi-orque surplombait le larbin qui sorti un bout de papier de sa poche. »

« Il sorti d’une voix hésitante et rapide : E-Evangel, nom inconnu, 28 ans, hybride. Arrivée sur Hilas il y a environ 13 ans. Cheveux noirs, yeux gris clairs. Originaire d’Elispar, el-
— Abrège !
— … Elle est issue d’un humain et d’une créature inconnue, elle est informatrice à son compte, ne s’est mise au service de personne pour le moment. Elle s’est spécialisée dans les informations commerciales et privées, elle a travaillé pour vous par le passé et… »

Tarful, n’y tenant plus, se redressa et pris le col de l’espion pour le coller contre ses naseaux percés pour lui murmurer rageusement :
« Mais abrège ton cirque, j’te dis. Je sais qu’elle a travaillé pour moi, tu crois que je t’ai engagé pour quoi ? Je veux savoir où elle est !
— E-elle est partie…
— PARTIE ?
— V-Vers Cotobro ! On l’a appelée sur C-Cotobro pour affaire ! »


Tarful lâcha son sous-fifre qui tomba sur sa chaise, blanc comme un linge. Il grognait entre ses dents, serrait le poing. Cette garce pourrait faire n’importe quoi là-bas, y compris balancer des informations sur son commerce. Que faire ? Fallait-il l’accueillir à son retour ? Ou aller à sa rencontre ? Il pouvait être déjà trop tard, et Tarful n’avait pas que des amis sur Cotobro… Mieux valait prendre son mal en patience. En attendant, il reprit le col de son petit espion, qui poussa un gémissement craintif. « Va, maintenant. Dégage. » Et il le jeta par terre aussi facilement qu’on jetterai à terre une pauvre chemise sale. L’espion parti en laissant même ses papiers sur la table.

« — Vous allez faire quoi maintenant, patron ? Demanda l’escorte qui était avec Tarful.
— J’attend. Et toi, pour te rendre utile, tu vas aller à Cotobro.
— À-à Cotobro ?
— Ouai, et tu vas la suivre. Tu vas suivre l’informatrice et me transmettre le moindre de ses mouvements. Elle ne sait pas ce qu’il attend à son retour sur Hilas. »


Et Tarful, en grognant, pris dans sa main les papiers que le larbin avait laissé.


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Evangel Dranya, Informatrice Empty Le départ (Partie 1)

Message par Evangel le Dim 19 Avr - 12:59

« J’vous attraperai, les mioches ! J’vous jure que j’vais vous choper ! »


La voix du boulanger s’éloignait dans la course des deux adolescents. Poussant et se faufilant parmi la foule étonnée, ils avaient dans leurs bras une miche de pain chacun. Ils riaient, filant vers leur cachette habituelle. C’était de ces après-midi de printemps, où l’on avait rien à faire dans la Ville Basse, et où la faim se faisait sentir.

La pauvreté qui accablait la vie de nos deux jeunes gens ne semblait pas les affecter aujourd’hui. Ils semblaient heureux dans leur larcin. Essoufflés et enivrés par l’adrénaline qui faisait pulser leurs veines, ils avaient atteint leur cachette et se regardaient, euphoriques, reprenant leur respiration.

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Vue d'Elispar depuis la Ville-Basse (Craig Mullins)

Une fois sur d’avoir semé les adultes à leur recherche, ils partagèrent leur pain sur les murailles de la Ville Haute, admirant le paysage. Leurs robes d’apprentis était bien sales, tâchées et trouées. On devinait qu’ils faisaient parties des classes d’élèves les plus modestes de la ville. Ils étaient toujours ensemble, ces deux-là. On aurait pu les croire frère et soeur, si ils n’étaient pas aussi différents.
Silencieuse, Evangel laissait pendre ses jambes dans le vide. Ses cheveux noirs et épais étaient ramenés en un petit chignon négligé. Ils encadraient le visage encore un peu rond de cette adolescente. Elle mangeait goulûment les morceaux de pain volé. Il était encore chaud. Gabriel la regardait faire, replaçant de temps à autres des mèches de ses cheveux blonds déliés. Il était un peu plus âgé qu’elle.

Les deux étaient bons élèves, brillants. Surtout Gabriel. Vifs, (trop) curieux, ils faisaient le bonheur comme le malheur de leurs enseignants. Dissipés lorsqu’ils étaient ensemble, on savaient qu’ils allaient bien souvent préparer un mauvais coup. La jeune fille surtout, était agitée et n’avait pas la langue dans sa poche. Son camarade était plus calme, mais plus inquiétant : on ne savait jamais quand le garnement allait exécuter sa farce.

Par manque d’argent, leurs mères respectives les avaient envoyés faire une formation pour devenir mestres. C’était la formation la moins cher dans les études supérieures d’Elispar. Par chance, les deux semblaient se plaire dans cette vocation. Les enseignants destinaient Evangel à être scribe et chroniqueuse pour la Grande Bibliothèque. Quant à Gabriel, il aurait surement un avenir brillant d’enseignant et d’archiviste. Oui, un bel avenir semblait briller pour ces deux-là.
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Evangel Dranya, Informatrice Empty Le départ (Partie 2)

Message par Evangel le Lun 20 Avr - 19:25

— Hé, psst ! Lotr regarda entre les rayons de livres d’où venait cet appel.
— C’est toi, Eva ?


Le bruit spongieux du balai humide résonnait dans la grande salle. Entre les rayons, le jeune Lotr répandait lentement l’eau et le savon sur le sol. Il soufflait, grognait même par moment. La bibliothèque se vidait petit à petit, et la lumière du jour commençait à décliner. Les mestres se hâtaient à allumer leurs lampes pour circuler. Evangel se tenait à coté de lui, veillant à ne pas salir le travail de son camarade.
— Qu’est-ce que tu fais encore ici ?
— Je me suis endormi sur ma table de scribe. C'est la sanction.


La jeune fille ricana.

— Oui je sais, le vioc’ me l’a dit.
— Pourquoi tu me demandes, alors ?
— Je confirme mes sources, moi, monsieur.
— Pfff. Garce. Et il mouilla ses doigts dans le seau d’eau, avant de lancer de petites gouttes sur le visage de son amie.
— T’es pas drôle ! Répliqua-t-elle en geignant. Elle marqua un temps avant de poursuivre. Tu rentreras avec moi après ?
— D’accord.
— Alors à tout à l’heure !


Ne vous méprenez pas, la petite moue boudeuse sur la bouche de Lotr était signe de joie. Il trouvait cette fille plutôt mignonne. Voire même belle. Les deux se tournaient autour un peu, se chamaillaient gentiment pendant la classe. Mais il n’avait jamais vraiment passer du temps avec elle, seul à seul. C’est que d’habitude Gabriel n’était jamais bien loin.

Lotr sortit de la bibliothèque à la nuit tombée. Ils se baladèrent dans les rues. Elle avait 15 ans. Lui, 17. Il aimait son coté grande-gueule, c’était quelqu’un qui disait les choses. Qui parfois en disait trop, d’ailleurs. Elle aimait épater la galerie et faire rire les étudiants. Ça lui valait les remontrances des mestres, mais elle s’en sortait toujours. Il la jalousait presque un peu pour tout ça, l’attention qu’elle savait capter. Ce devait être parce que c’était une fille.

Les deux jeunes gens, ce soir là, vivaient comme beaucoup leur premier idylle maladroit et adolescent, s’effleurant niaisement le bout des doigts. Conclure ce genre d’entreprise, paraissait à leur yeux aussi difficile que les quêtes légendaires qu’ils lisaient dans les livres. Enfin, épargnons-nous leurs minauderies. Ils n’attendaient que ça. Les premières amours, le premier baiser. Le coeur battant, ils étaient arrivés sur le pas de la porte de la maison d'Evangel. Il fallait se dire au revoir. D'un baiser maladroit, tremblant. Un premier baiser qui allait changer beaucoup de choses.


Dernière édition par Evangel le Sam 30 Mai - 23:25, édité 1 fois
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Evangel Dranya, Informatrice Empty Le départ (Partie 3)

Message par Evangel le Mer 22 Avr - 16:21

À partir de là, tout est allé très vite.

Gabriel écoutait sans rien dire, regardait son amie. Il ressentait comme une sorte de compassion et de déception à son égard. Il ne pensait pas qu’elle aurait été intéressée par un garçon comme Lotr. Enfin, elle s’éveillait, elle commençait à comprendre.

— Je ne comprend pas. C’était un baiser, juste un baiser. Il s’est débattu, j’ai arrêté de l’embrasser et il-il-il était comme vidé de toute son énergie. C-comme si je lui avais pris de sa vie.

Elle hoquetait, ça rendait ses paroles incompréhensibles. Gabriel ne perdait pourtant pas une miette de ce qu’elle disait. Lui posait quelques questions de temps à autre. Où étiez-vous ? Quelle heure était-il ? Respirait-il encore ? Sais-tu où il est à présent ? Puis il l’a pris dans ses bras. Gabriel avait l’odeur de la mer, et ça rassurait la jeune fille.

Elle se sentait complètement perdue. Elispar ne tolérerait pas ce genre de magie. Jamais le rapprochement entre la cité et celle de Mispura n’avait été aussi forte. Depuis quelques années, les gardes de la capitale arpentaient l’archipel afin de faire régner l’ordre et de repousser les créatures indésirables vers Gahrel ou les cités les moins bien fréquentées. C’est que, malgré le culte des anciens dieux, celui de la déesse Astéa faisait parler de lui. Oui, à cette époque, une vague d’espoir, de justice et de Lumière voguait avec les voyageurs dans les Cités Libres.

Le garçon dit à Evangel d’une voix douce et apaisée : « Il est important que tu restes cachée. Personne ne doit savoir. Mais dis-moi, Eva, tu avais bien deviné ce que tu étais, non ? » Elle regarda son ami sans comprendre.
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Evangel Dranya, Informatrice Empty Le départ (Partie 4)

Message par Evangel le Mer 22 Avr - 21:23

Evangel Dranya, Informatrice 09b48110

« Elle est partie par là ! »

Les voix des gardes s’éloignaient dans la course de la jeune fille. Poussant et se faufilant parmi les voyageurs étonnés, elle dévalait les rues et se dirigeait vers le port. C’était une soirée chaude d’été, où les gens étaient tous à cran. À cause de la chaleur, d’une part, et aussi à cause du meurtre qui avait été commis non loin de la Bibliothèque, il y a de cela quelques jours. Le corps sans vie d’un jeune marin avait été retrouvé. Les mages se rendirent vite compte de la nature du meurtre, et Lotr, après interrogations du Conseil, avait fini par faire le rapprochement entre Evangel et cette macabre découverte. Une succube. Une engeance du mal.

Tout se tournait contre elle. Même sa mère avait avoué. À croire que la seule qui ne connaissait pas sa nature, c’était Evangel. Pourtant, depuis « l’accident » avec Lotr, elle avait bien pris garde à n’approcher personne, elle s’était faite petite comme jamais elle ne l’avait fait avant, elle qui était si extravertie, si bavarde. Quelques mois s’étaient écoulés depuis ce néfaste baiser. Elle avait bien pris garde à prendre ses distances, elle avait suivit à la lettre les conseils de son ami Gabriel. Et surtout, elle en était persuadée : elle n’avait tué personne. Alors pourquoi ? Pourquoi la cité se retournait contre elle ?

Le ciel était nuageux. La lumière du phare faisait scintiller une eau noire et opaque. Evangel dévalait sur les quais pour se cacher derrière des caisses de ravitaillement. Son souffle haletait, comme son esprit. Réfléchir, vite, réfléchir.

Il ne fallut pas deux minutes pour que les gardes débarquent dans le port. On entendait le cliquetis de leurs armures. L’uniforme des soldats était grisâtre, abimé par l’activité. Ils portaient le blanc de Mispura. Il étaient la police des Cités Libres, et ils s’approchaient de sa cachette.
L’un d’eux, plus grand que les autres, se dirigea vers le fret, commença à fouiner dans les caisses. Le quai ne donnait nulle part, sinon sur des navires amarrés, des marchandises. Il allait plonger sa main dans l’une d’elle, mais une voix éraillée l’arrêta net.

— J’peux savoir ce que vous faites ? C’était un marin rougeaud. À sa tenue, le soldat devina qu’il n’était pas d’ici.
— Vous n'avez pas entendu ? Une créature est en liberté dans la cité, nous sommes chargés de la trouver,  dit-il.
— Ben peut-être mais moi j’ai un voilier à faire partir dans vingt minutes, et vous allez pas déranger toute ma marchandise pour me retarder.  Le soldat dévisagea avec autorité le loup de mer qui lui tenait tête. Il s’imposa à lui, de toute sa hauteur.
— Contesteriez-vous une autorité de Mispura ?
— J’conteste surtout les emmerdeurs, pauvre tâche.
— Répétez-ça encore une fois,
 répliqua-t-il en sortant son épée.

— Soldats ! Un incendie dans la Ville-Haute, vite !  

Il n’eut pas le temps de finir son altercation avec le capitaine. Le garde cracha aux pieds du capitaine et s’en alla, d’un regard mauvais. « Les flammes ne doivent pas atteindre la Bibliothèque ! »

Le marin, lui, se contenta de souffler et ferma la caisse qui avait failli être vidée par son interlocuteur. Evangel s’était cachée dedans.

Et ainsi, le petit voilier pris le large. Le phare et l’incendie éclairaient d’une couleur chaude la cité d’Elispar. Enfermée dans une boite, la jeune fille avait le souffle court. Étourdie par la terreur et le manque d’air, sa tête tournait, tournait… Elle avait l’impression que tout son Ka’ s’était brisé d’un seul coup, qu’on avait oublié de lui préciser ce qu’elle était. L’adolescente se sentait accablée par le poids de l’injustice. Elle subissait aussi les conséquences de sa naïveté. Elle se sentait minuscule, pareil à un cafard que l’on avait failli écraser.
Plus rien ne la retenait nulle part, plus aucune perspective. Et bercé par les vagues, n’ayant que comme sensation le ballotement de la coque du bâteau, elle se retrouvait là, au milieu de nulle part sans aucun repaire. Ce qu’elle ressentait, c’était la peur du vide. Un cafard minuscule, sur une toute petite coque de noix, dans un gigantesque océan. Ne restait plus que l’odeur de la mer.

Où se cachent les cafards quand ils sont chassés ?
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