Gabriel, le mestre d'Elispar

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Gabriel, le mestre d'Elispar Empty Gabriel, le mestre d'Elispar

Message par Evangel le Sam 21 Mar - 15:22

Gabriel, le mestre d'Elispar Alexan11
Illustration par Alexandra Melnikova

Nom : Gabriel
Race : Hybride (mi-humain/mi-incube)
Classe : Prêtre
Métier : Mestre de la bibliothèque d’Elispar
Année de naissance : 152
Originaire de : ???

Nota Bene - ce PNJ est tout à fait utilisable pour les MJs. Il est toutefois important de noter que ce personnage est très lié au background d’Evangel Dranya, merci de respecter cela lors de votre emploi de ce PNJ.


« Une lettre pour vous. »

Le messager tendait à Evangel le papier, scellé du sceau d’Elispar. Elle déglutit avant de prendre le papier et de remercier son interlocuteur.

Elle marchait rapidement dans les rues de Hilas. Certains diront que cela ne changeait rien de ses habitudes, Eva marchait toujours rapidement dans les rues de la cité. Oui, mais cette fois, si on l’observait bien, on pouvait remarquer qu’elle tremblait. Le bruit de son sang bourdonnait dans ses oreilles. Comme si la lettre l’avait assommé, alors qu’elle ne l’avait même pas ouverte.

Elle arriva presque en courant jusqu’à la chambre qu’elle louait, en eau d’une des maisons de la ville basse. Elle monta les marches quatre à quatre et s’enferma précipitamment, sans même saluer sa logeuse.

Une fois dans sa chambre, elle se laissa glisser contre la porte, le souffle court. Elle fixa la lettre scellé longuement, avant de se décider à l’ouvrir d’un coup sec.

« Ma chère Evangel,

As-tu remarquée les fumées qui montaient au-dessus d’Elispar il y a quelques jours ? Un incendie s’était déclaré prés de la bibliothèque. Nous l’avons arrêté à temps. Je n’ai pu m’empêcher de penser à toi, à nous, quand nous étions encore en étude. Te souviens-tu ? Les flammes s’étaient rapidement propagées ce soir là. Quelle découverte. On s’était bien trouvé, tous les deux.

Il m’est difficile d’oeuvrer en toute discrétion ces temps-ci. C’est que j’ai de plus en plus de responsabilités dans la Grande Bibliothèque. Un jeune garçon s’est encore amouraché de moi, te rends-tu comptes ? Difficile de résister et de ne pas lui aspirer sa force vitale. Mais si j’agis maintenant, les disparitions se verront, et on recommencera à mener l’enquête. Alors patience, patience. Il me fait un peu penser à toi, ce gamin.
As-tu enfin accepté qui tu étais ? Non, bien sur. Je le sais, sinon tu serais déjà revenue me voir.

Je pense souvent à toi depuis que tu es partie. Toi qui disait toujours être à la recherche de vérités, ne sens-tu pas qu’un tas de réponses t’attendent encore sur Elispar ? Combien d’hommes as-tu tué en perdant le contrôle ? Il est inutile de lutter contre ta nature, c’est comme ça que tu feras encore plus dégats.

C’est étonnant, non ? Personne ne te connait mieux que moi, à part peut-être ton carnet, si tu l’as toujours avec toi.

Amitiés,

Gabriel. »


La logeuse d'Evangel entendit brusquement un râle de douleur au-dessus de sa tête. Sa locataire sanglotait dans sa chambre.


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Message par Evangel le Sam 21 Mar - 16:10

Gabriel, le mestre d'Elispar 2e2cd010
Vue depuis la haute-ville d'Elispar (artiste inconnu)

Le vent soufflait, se lovait dans les ruelles de la ville-haute. Assis sur la rambarde, Irène et Basile mangeaient une brioche en regardant au loin. La mer scintillait, il faisait beau sur les Cités Libres. On apercevait très clairement Rilias et Hilas au loin. Là, au pied de la grande bibliothèque, les deux jeunes gens se sentaient bien petits. Pourtant, bouillonnait en eux cette sensation naïve et adolescente, cette excitation : comme si le monde leur appartenait.

Ils venaient tout juste de finir leurs cours de magie. Ils aimaient profiter des fins d’après-midi avant de rentrer chez eux.

« —Tu as pu consulter les livres que tu voulais, Basile ?
— Oui ! Et…C’est le mestre Gabriel qui me les a apporté, dit le jeune homme avec un sourire. »


Irène regardait son ami avec amusement. Basile était un garçon discret, avec de très longs cils. Plus il grandissait, plus ses très fins s’affermissaient pour lui donner des allures d’homme. À 19 ans, il en avait déjà fait chavirer plus d’une. Irène était des rares jeunes filles à ne pas rougir devant les sourire du jeune homme.

« — Arrête de reluquer ce type ! Il est beaucoup trop vieux pour toi ! Dit-elle en ricanant.
— Tu ne peux pas nier qu’il est magnifique ! Répliqua Basile en soupirant.
— C’est vrai que c’est un bel homme…Mais il est trop vieux pour toi ! Et sur ces mots, elle lui donna un petit coup de coude en descendant du muret. Allé, vient, on rentre chez nous. »


Le jeune homme suivit son amie, mais ses pensées divaguaient encore. Depuis quelques mois maintenant, le mestre Gabriel hantait ses pensées. Il avait bonne réputation dans la haute ville, bien qu’il ne sortait quasiment jamais de la grande bibliothèque.

C’était un homme grand et élancé, avec des cheveux très blonds. Il avait une trentaine d’années. Les jeunes élèves et les érudits le connaissaient bien. On le trouvait dans les rayons de la grande bibliothèque, ou accoudé derrière les bureaux de consultation. Il comptait parmi les plus jeunes mestres. Son caractère affable et son sourire contrastaient avec les peu aimables et vénérables vieillards qui gardaient les livres. Quelques fois, il sortait de la forteresse savante afin de faire des achats pour ses autres confrères dévoués et cloîtrés dans l’enceinte froide de la bibliothèque.

Basile s’étonnait toujours quand il voyait le mestre Gabriel aller et venir dans les rayons. Sous sa soutane, on devinait un peu une silhouette droite et fine. Ses gestes dégageaient tous une sensualité redoutable pour l’adolescent. La manière dont il prenait les livres, dont il marchait… « C’est parce que tu rêves de connaître l’amour, ça, gros bêtas ! Tu baves devant lui, mais quand tu auras une femme, tu verras plus rien de tout ça ! » Ricanait Irène pendant les cours. Mais Basile se laissait aller à ses pensées d’amoureux, n’écoutait pas sa camarade.


Au début, Irène n’était pas très inquiète : d’autres garçons avaient déjà tapé dans l’oeil de Basile. Mais plus les lunes passaient, plus son ami ne décrochait pas. C’était tout de même un peu gênant. Basile en perdait l’appétit, dormait très mal. Il se faisait plus distant parfois.

« — Laisse donc, Irène, lui disaient ses autres camarades de classe, ça lui passera.
— C’est normal qu’il soit comme ça ! Le mestre Gabriel est si plaisant homme, minauda l’une d’entre elles.
— Vous croyez que les mestres font voeu de célibat ? »


Non, pour Irène, quelque chose clochait.


Dernière édition par Evangel le Dim 22 Mar - 20:37, édité 1 fois
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Gabriel, le mestre d'Elispar Empty Re: Gabriel, le mestre d'Elispar

Message par Evangel le Dim 22 Mar - 19:38

C’était une journée d’été, et pourtant, Basile avait froid. Le vent du bord de mer lui glaçait et lui fouettait le visage. Ses cheveux bruns bouclés étaient en pagaille à cause des bourrasques lorsqu’il entra dans la Bibliothèque. Cette dernière était vide. Le chant des mestres s’était tut. N’existait plus que le son lugubre du vent. La fraicheur de la pierre du bâtiment ajouta à la froideur de cette journée. Pas un lecteur, pas âme qui vive. Qu'est-ce que...? Comme si les seules vies étaient passées, figées dans les livres et les parchemins. Comme si Basile était le seul être vivant d’Elispar.

La Grande Bibliothèque comptait parmi les plus beaux monuments des cités libres. Une forteresse, un immense temple de pierre dont l’intérieur était revêtu uniquement de grandes étagères remplies de livres. Des puits de lumières jaillissaient des plafonds, de sorte que la grande salle de lecture n’ai besoin que de peu de bougies, afin de ne pas prendre le risque qu’elle parte dans les flammes. Les ombres des carillons dansaient doucement sur les dalles. Pourtant, on entendait rien, pas même le son scintillant qui émanait d’eux, pas même le bruit des clés que trimbalaient les mestres. Basile leva les yeux et se sentit minuscule, écrasé par l’immensité de la grande coupole. Cette dernière s’élevait bien à une quinzaine de mètres au-dessus de sa tête. De vieux dessins y étaient peints, des allégories du savoir, des représentations d’Astéa. Pour rappeler aux êtres qui peuplaient Gaïa qu’ils n’étaient qu’écrasés sous le poids d’une Histoire dont ils ignoraient presque tout.

Basile expira profondément, son souffle condensé laissa échappé une sorte de buée. Comme si tout d’un coup, le grand hiver prenait place. Un coup de vent balaya la Grande salle. D’où sortait-il ? Les parchemins et les livres frémirent à l’unisson, et le jeune garçon dû se recroqueviller et fermer les yeux pour se protéger du courant d’air. Lorsqu’il les rouvrit, le jour avait cessé. Le clair de Lune baignait désormais les salles. Il se retourna vers la grande porte par laquelle il était entré. Fermée.

Gabriel, le mestre d'Elispar 632a0210
La grande coupole (artiste inconnu)

« I-il y a quelqu’un ? » lâcha timidement le garçon. Ses mots résonnèrent dans le vide. Il fit alors quelques pas, s’enfonça parmi les rayons de la Bibliothèque. Que venait-il faire ici ? Lui même n’arrivait pas à se le dire. Il cherchait maintenant quelqu’un pour lui ouvrir et le faire sortir.

Une paire d’yeux l’observait entre les livres. Deux yeux couleur noisette, orangée, presque rouge, aurait-on dit.

« Basile… » D’où venait cette voix ? Elle avait résonné partout, depuis les sous-sols jusqu’à la coupole. Elle était douce, murmurée et puissante. L’adolescent regarda partout autour de lui, ne vit pourtant rien. « Qu-qui est là ? »

« Basile… »
Le garçon se figea. Il était pétrifié. La voix, cette fois-ci, semblait venir d’un souffle tout proche de son oreille. Pourtant, il n’y avait rien. Quelque chose bouillonnait dans le ventre du jeune homme. Il sentait cette adrénaline, celle du danger. Toutes ses entrailles ne prononçaient plus qu’un seul mot : « cours ! »

Il se mit à courir comme un dératé, et la voix semblait encore le poursuivre. Il se perdait dans les rayons, renversait les livres derrière lui. Il tournait à gauche, puis à droite, sans même savoir où il allait.Et la voix semblait si proche, si proche… « Basile… »

Sa course s’arrêta d’elle-même : il avait buter contre les rambardes de la Grandes salle. Devant lui, les sous-sols, s’engouffrant dans les bas-fond de la bibliothèque. Au-dessus de sa tête, le centre de la coupole. Et en bas, le trou béant : la Bibliothèque, soudain, ressemblait à un cratère, un immense puits de quinze mètres de diamètre. Basile haletait, était en sueur, impuissant face au vide.

« Basile… »

Alors, lentement, comme contraint par l’effroi, il tourna la tête. Au loin, entre les immenses étagères, se tenait le mestre Gabriel. Ses cheveux blonds scintillaient dans la faible lueur de la lune. Ses yeux, en revanche, semblaient absorber la lumière, étaient devenus noirs. Ses lèvres fines esquissaient un sourire, un sourire si doux, si immense. On aurait dit qu’il était affamé. Le garçon cligna des yeux.

« BASILE ! »

Et en un instant, le mestre se tint juste devant lui, et le poussa dans le vide.


Basile se réveilla dans son lit. Il avait des sueurs froides. Comme pétrifié dans ses draps, il mis peut-être vingt minutes avant de se redresser. Sa chambre était calme, le rideau s’agitait doucement. L’air chaud de l’été avait pris place. Il y avait une atmosphère presque suffocante. C’était un cauchemar. Un cauchemar, seulement. Le garçon repris son souffle et son calme. Tout allait bien.

« Basile… » le murmure reprit. Et une main froide vint se poser sur sa bouche pour étouffer le cri qui s’en échappa. Devant lui, le mestre Gabriel, sortit de la pénombre. Le jeune homme voulu céder à la panique, mais il se débattait en vint, et vit que l’homme de son cauchemar était bien moins effrayant tout d’un coup.

« —Que…Que faites vous ici ? Bredouilla-t-il à voix basse. Mes parents pourraient vous surprendre !

— Chhht. J’ai peu de temps. Jamais une voix n’avait sonnée aussi suave au oreilles du garçon. »


Les yeux sombres du mestres se plongeaient dans les siens. Et peu à peu, toute la peur du cauchemar s’évanouit. Les deux hommes se fixèrent, là, sans rien se dire. Basile était captivé par les moindres traits du visage de Gabriel, éclairés par la Lune. Son aîné, dans un geste doux, vint poser sa main glacée sur sa joue. Un sourire heureux se dessina sur sa bouche fine. Et une drôle de lueur sembla donner à ses yeux comme un air désolé et satisfait. Leurs visages s’étaient approchés, millimètres par millimètres. Gabriel pris la tête de Basile, et lâcha dans un murmure un « Il faut dormir, maintenant. » Juste avant de presser ses lèvres contre les siennes.

Alors Basile ferma les yeux. Et il sentit tout d’un coup ses forces l’abandonner, et la peur de son cauchemar rejaillir de ses entrailles. Et il se sentit à nouveau tomber dans le trou béant de la Bibliothèque.

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Basile et Gabriel (d'après "Call me By Your Name", illustration de Mary-Kaoru)

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