Le journal de l'Informatrice

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Message par Evangel le Jeu 26 Mar - 16:49

Avant-propos



Ne soyez pas trop crédule en lisant ces extraits. Les journaux d’Evangel sont traitres. Rendez-vous compte cependant l’intérêt de l’objet que vous avez entre les mains : le journal est écrit par elle, elle n’y rédige donc que ce qu’elle veut. Beaucoup de paragraphes omettent de vous parler de toutes les fois où, maladroite, Eva est tombée de son cheval, a mordue la poussière en se prenant une branche dans les pieds, a glissé dans la boue. Evangel Dranya est fière, elle tient à garder une « réputation ». Quoi de mieux qu’une réputation après tout ? Ça persuade les gens à ne pas creuser plus loins pour en savoir plus sur les autres. Et puis, dans les chansons de gestes, on ne raconte pas comment les rois et les héros se sont viandé parce qu’ils étaient bourrés sur leur cheval. Fière, certes, mais un peu impulsive. Certaines pages le montre bien. Observez les ratures, le papier froissées par sa frustration. Parfois, même, on devine que la plume est venue violemment s’y planter. Il ne faut jamais faillir. Le journal d’Eva peut montrer certaines failles. Personne aujourd’hui ne connait Evangel mieux que son carnet. Personne sauf moi, peut-être.

An 185, 13e jour de la troisième lune

J’ai réussi à entrer dans Pazen. Cela ne fut pas de tout repos, j’ai du faire équipe avec un homme étrange et des bandits. Nous sommes entrés sans être vus des gardes, mais il s’en est fallu de peu. Je n’ai pas confiance en ce Daario Nexus.
Une fois que nous avons réussi à nous tirer d’affaires, nous avons pu nous reposer à l’auberge. J’ai perdu de l’argent dans des paris ridicules avec un nain. Ca m’apprendra. Le nain s’appelle Birgril. Il s’est mis à nous suivre moi et Daario. Au début je le pensais inutile mais il s’est avéré par la suite que je me trompais. Son odeur est des plus désagréable en revanche.
Via un contrat, nous avons pu récolter une petite somme, de quoi rester un peu encore en ville. J’ai dû égorger deux hommes. D’habitude, j’en arrive là quand il y a une « bavure » dans mon travail. Daario Nexus, lui, semble moins regardant face à ce genre d’actions. D’ailleurs, devrais-je vraiment y être aussi sensible ? Hilas n’est pas une ville d’enfants de coeur non plus. Cela ne devrait pas m’affecter, c’est ridicule.

An 185, 15e jour de la troisième lune

Nous avons fait la rencontre d’une elfe du nom de Rou. Elle nous a rejoint pour remplir les missions données par la garde. Une jeune femme attachante. Elle n’a pas l’air très à l’aise avec la ville et les rapports sociaux cependant. Nous avons pu aller au marché d’Embruine. Impressionnant. Même le plus grand marché d’Hilas n’est pas aussi riche ni aussi discipliné.
Daario et Rou ont eu quelques différents sur la façon dont il fallait réaliser la mission. J’ai bien cru qu’on allait perdre Birgril, d’ailleurs. Une meute de loups. Ils se sont jetés sur le nain, qui n’a pas su faire preuve de discrétion. Je doute de ses capacités pour la chasse. Enfin, il s’en est sortit, c’est le plus important. Et nous avons tout de même réussi à tuer quelques membres de la meute que nous avions repéré.

J’ai pu sortir dans Pazen avec Birgril. Celui-ci souhaitait que nous nous rendions dans la cathédrale d’Astea. Je n’aime pas les lieux de cultes. Si un ou des dieux existent, de toute façon, ils n’ont que faire de Gaïa et de ses habitants. La fonction première des lieux de cultes me parait fondée sur l’absurde. Mais je dois admettre que la grande cathédrale est magnifique. Les vitraux sont si immenses qu’ils semblent accueillir toute la lumière du jour. L’architecture a su garder une certaines sobriété tout en en étant délicatement sculptée, les voûtes de la grande porte semble avoir été taillée dans du marbre et de la dentelle. J’ai entendu des fidèles dire qu’elle avait été bâtie à l’image de la grande déesse : grande et humble, droite et solide. Birgril tenait à prier là-bas, mais je ne crois pas que les prêtres l’ai laissé terminer son recueillement. Je n’ai pas osé entrer.


Le journal de l'Informatrice B1eada12
Façade de la cathédrale (Artiste inconnu)

Evangel ne croit pas aux Dieux, Evangel ne croit pas au Ka. Enfin, c’est ce qu’elle dit. Disons pour être tout à fait précis qu’elle refuse d’y croire. Mais le Ka a joué sur sa vie de bien des manières, comme tous les habitants de notre monde. Elle a déjà entendu certains voyageurs parler non pas de Ka, mais de simple hasards, d’explications logiques et démontrables pour toutes choses. Elle essaye souvent de s’accrocher à cette idée. Mais devant la cathédrale de Pazen, la puissance d’Astéa l’avait écrasée, alors qu’elle n’était même pas entrée dans le lieu sacré. C’était à cause des chants. Les chants des fidèles pour la déesse qu’elle avait entendu au travers des murs. Comme une boule dans son ventre, comme un tremblement qui avait parcouru tout son être.



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Message par Evangel le Dim 10 Mai - 21:07

An 185, 17e jour de la troisième lune

Daario, espèce d’imbécile. On a failli signer notre arrêt de mort. Mais quel idiot. Et lui, ce Karl Frank, quelle idée d’avoir voulu nous aider. Mais quels abrutis.
Je ne pensais pas devoir arriver jusqu’à l’embrasser. J’espère ne pas avoir à recommencer. Surtout, ne pas recommencer. J’ai peur, je ne maîtrise pas ce truc. J’aurais pu le tuer, si ça se trouve.




Le tournoi a pris fin. Birgril et Rou nous ont quitté pour se joindre à un garçon aux cheveux rouge, un marqué. Ils étaient attachants, même si l’odeur de ce brave nain ne me manquera pas. J’aurais aimé aussi passer plus de temps avec Vomër Koskyn. Le hasard fait bien les choses, je ne pensais pas le recroiser après notre expédition maritime. Peut-être aurait-il pu m’aider à en apprendre plus d’ailleurs, sur la maison que nous avons « visité » à notre arrivée à Pazen. Lui aussi s’est joint au jeune marqué. Leur départ m’a rappelé que moi aussi, je partirais de Pazen et de Pandora un de ces jours. Je ne suis pas pressée de rentrer.

An 185, 5e  jour de la quatrième lune

Désormais une Lune que nous sommes à Pazen. C’est une capitale étrange. Les continentaux m’intriguent : Pandora semble se targuer d’une prestance, d’une puissance et d’une discipline que le Monde entier reconnaîtrait. Mais certaines choses ici ne me semblent pourtant pas bien différentes des Cités Libres : ici aussi, tout à un prix. Les rituels, les renseignements, les sorts… Ne sont-ils pas un peu hypocrites, ceux-là qui nous regardent avec condescendance ? Toutes les magouilles ne sont pas permises ici, seulement celles que la couronne a reconnue comme « légitime ». Ha ! Mais quelle autorité.
Je ne devrais pas critiquer ce « beau pays qui nous accueille ». Je devrais nuancer, après tout, tous les Pandoriens ne sont pas aussi méprisants que dans le tableau que je peins. Mine de rien j’ai fais quelques belles rencontres depuis mon arrivée.







An 185, 12e jour de la quatrième lune

Sur cette page, le papier est tout gondolé, comme si de l'eau avec coulé goutte à goutte dessus. Trois pauvres mots ont tenté de s'inscrire dessus mais de grosses larmes ont fait bavé l'encre. Evangel a du passer une sale journée - très éprouvante, sacrément moche - pour ne pas réussir à écrire dans son carnet. Elle a surement attendu un moment seule pour pouvoir relâcher la pression, chialer un bon coup. Dolgilin et Daario n'auraient peut-être pas compris cette soudaine perte de sang froid après tout. À votre avis, qu'est-ce qui et le plus terrible ? Avoir du céder son carnet à un inconnu ou avoir massacré malgré soi la vie de deux personnes ? Les deux doivent se valoir pour Evangel.
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Le journal de l'Informatrice Empty An 185, 14e jour de la cinquième lune

Message par Evangel le Sam 27 Juin - 19:31

Le journal de l'Informatrice 4620ba10
Cerisier en fleur d'Ossalina (artiste inconnu)

An 185, 14e jour de la cinquième lune

Arrivée dans les terres d’Ossalina. Le plus dur est derrière nous, je l’espère. La route n’a pas été facile. Daario s’affaiblissant de jours en jours, la fin du trajet fut particulièrement compliquée. Il a été bon de quitter Pazen. Pour notre sécurité, d’abord, et puis parce que la capitale commençait à devenir étouffante. Les souvenirs que j’y ai laissé ne me donnent pas envie d’y revenir. Pourtant il faudra bien : je suis redevable à Hevan Solion désormais. Daario ne semble pas aussi heurté que moi par ce que nous avons fait. Il cherche avant tout à se soigner, bien entendu.

Ossalina est une contrée étonnante et étrangement familière. Ses arbres en fleurs sont magnifiques. Indépendants de la couronne de Pandora, ses habitants semblent attacher à leurs libertés. Ils ont ce caractère fort et farouche que l’on retrouve dans l’Archipel et chez les insulaires. Leurs guerres intestines entre clans, cela me rappel Hilas. Je me demande comment se porte Dame Joséphine, d’ailleurs.
Je n’aurais jamais cru que les Cités Libres me manqueraient. Il n’y a pas si longtemps encore, le départ vers les continents me paraissait être une évidence. Aujourd’hui je n’en suis plus si sûre. Je ne pensais pas avoir autant d’ennui que chez moi.

J’ai recroisé Vomër Koskyn. Ses relations avec le clan Asano m’ont permises de trouver un endroit où déposer Daario et de trouver les soeurs Yashiro. Le cartographe entrave quelque peu mes plans cependant. Sa dévotion pour le clan et Kai Gennai semblent lui donner l’envie d’agir comme un chevalier. Il me parait un peu trop idéaliste, il s'immisce un peu trop, peut-être. Kai Gennai, lui, semble avoir saisi les enjeux de son clan. C’est un chef impressionnant, très pragmatique. Notre discussion m’a convaincue quant à ce que je devais faire.

Malgré les luttes entre les clans, il semble exister à Ossalina une sorte de code d'honneur. Dans cet endroit, la liberté semble primer sur les rivalités (c'est du moins ce que les membres du clan Asano disent). Peut-être que les dirigeants des Cités Libres devraient prendre ceci en exemple au lieu de se chamailler pour des broutilles pendant que les continents prennent l'ascendant sur nous.

Certaines choses ne me donnent pas envie d’agir de près ou de loin contre les Asano. mais je crains que les soeurs Yashiro ne m’y contraignent, n’en déplaisent à Vomër. Si j’étais dans les Cités Libre je pourrais agir plus librement, en jouant avec mes contacts. Je suppose que je ne peux m’en prendre qu’à moi-même : c’est comme reprendre les ficelles du métier à zéro. Les relations ne sont plus les mêmes que dans l’Archipel, il faut se créer un réseau comme on peut. Et puis il faut que je sauve Daario d’abord. Je refuse de me retrouver toute seule.
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